“[...] Si nous reprenons à propos de Camus l’expression d’« humanisme athée », ce n’est pas dans la perspective, qui fut celle de Henri de Lubac, de comprendre cet humanisme comme un « drame », mais pour en dégager les fondements dans leur force. Nous avons bien conscience que ce qualificatif athée, qui recouvre des formes très diverses d’athéisme, ne rend compte ni de la complexité, ni de la richesse de la position de Camus. Tout au long de son œuvre, l’athéisme ne laisse pas d’être une question pour lui. Mais il nous faut bien recourir à ce terme, certes général, qui qualifie toutefois encore assez clairement une position se définissant explicitement contre une conception de Dieu, quitte à préciser aussitôt la nature et le sens exacts de ce terme dans lequel nous voyons avant tout une convention verbale.
Faisons d’abord deux remarques. Premièrement, l’idée de Dieu contre laquelle Camus s’inscrit en faux n’est pas indéterminée. Pour lui, comme pour Nietzsche — dans le sillage duquel il se situe explicitement —, il s’agit de l’idée « chrétienne » de Dieu, telle qu’elle a prévalu dans la culture occidentale.[...]“
L’humanisme athée de Camus
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