Des visions de croix sont évoquées dans de nombreux témoignages de personnes ayant absorbé du peyotl ou de la mescaline :
Lewin cite notamment le cas d’un homme qui aurait vu le Christ alors qu’il s’était adonné à la mescaline :
On voit comment un amalgame peut être fait entre cette vision de croix - symbole central des croyances amérindiennes où il est associé au soleil - et, pour un esprit occidental, la croix chrétienne, où parfois apparaît le Christ.
Le Rite du Peyotl fut écrit en 1943, c’est-à-dire sept ans après le voyage d’Artaud dans la Sierra Tarahumara. On voit mal a priori comment on pourrait expliquer un tel revirement de l’écrivain après toutes ces années. En effet, il y a peu de choses en commun entre la description d’un rite profondément païen par un esprit aussi anti-chrétien que l’Artaud des années trente telle qu’on peut l’apprécier dans La Danse du Peyotl et le ton excessivement mystico-chrétien du Rite du Peyotl écrit à Rodez en 1943. On pourrait avancer l’hypothèse que ces visions qu’il a eues en 1936, Artaud les a réinterprétées des années plus tard, alors qu’il était, selon ses termes, “empoisonné”, envoûté “par la prêtraille profitant de sa faiblesse momentanée”. Au milieu de son “délire”, ces croix se sont faites chrétiennes :
Parmi ces signes il y avait le Signe de la Croix tel que les catholiques le font mais il y en avait une inanité d’autres.“
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