Tuesday, March 27, 2007

- Bonsoir.

- Te revoilà ?

- Oui. Tu es surpris ? 

- A vrai dire… oui. Enfin… non.

- Comment çà ?

- Oui… tu en as eu assez de mal dominer les choses c’est évident… alors tu reviens… il te faut du passé pour te reconquérir… du moins un instant et puis foncer de nouveau. N’est-ce-pas ?

- Je prends soin de toi, c’est ce que je te dois.

- On se doit beaucoup plus de choses à soi-même que l’on ne le crois Lili. Les choses sont sans dessus-dessous. On s’invente un peu trop parfois.

 - Je n’invente rien. Tout ceci je te le donne avec tout mon amour. Ne  suis-je pas d’ailleurs à cet instant même uniquement calme et volupté ? Regarde. Cela ne suffit-il pas à te prouver ma bonne foi ?

 - La bonne foi ? Ta bonne foi ? Qu’est-ce-que c’est ? Vous avez l’air malin toi et ta confiance. C’est qu’ il faut en rester là, tu comprends… tout est faussé… depuis le départ… on essaie de rattraper le train en marche… mais on est des êtres inachevés Lili. Assumons ce vice de forme. Tu veux ? Faut laisser pour un temps les fragments de nos vies se perdrent, les forces s’opposer pour pouvoir les dépasser et réagir au-delà…

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Saturday, March 24, 2007

 

 

Vis ton rire

Rive ton silence

Tu ne sais que faire

Mais tu apprends

Les passions de l’obscur

Les voiles de la lumière

Et au-delà

Ton ambition se révèle

Comme un fragile message

Qu’il faut contenir

 

Tes mouvements

Apprennent à nier

La belle inconnue

Qui te hante

Tu t’en détourne

Tu y revient

C’est un jeu

Une musique

Une nuance

Tellement humaine

 

 

 

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Thursday, March 22, 2007

 

 

Sublime tragédie

Soit ma reine

Soit mon extase

Anime mon corps

Liberté imaginaire

Permets-moi de dire

Je te laisserais faire

Comme un aliené je désavouerais

Toute la force de mes mots

Comme un visage sans nom

Je serais me tapir sans bruits

Et faire gronder les lassitudes

D’une voluptueuse amertume

 

 

 

 

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Wednesday, March 21, 2007

 

L’ordre

Le lien

La causalité

J’y retourne

Par dépit.

- Quoi ?

- Non rien…

- Si voyons.

- D’accord oui alors.

- Oui ?

- Ma réponse est relative

- Qu’importe ?

 …

Ca ne s’arrête pas quand même

Je n’y peut rien

Les choix se perdent dans le temps…

Je ne sais pas quand l’heure de celui-ci viendra.

Là, tout de suite peut-être…

Un beau mensonge bien constitué.

Un sublime

Oh oui !

 

 

 

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Thursday, March 15, 2007

 

 L’art des commentateurs

 

Je pourrais leur rendre, leur livrer le tout sur un plateau, il m’en faudrais peu. Heureusement j’ai beaucoup. Car nul ne sait très bien ce que peut faire un esprit désoeuvré. Rien ne lui empêche de ramener sur la table son désoeuvrement à tout heure de la journée. Il objecte, réfute, s’égosille à vouloir montrer les calvaires que son âme où celle des autres endure en des manières tellement séduisantes. Sa tristesse se ressent, elle ne jaillit pas. C’est qu’il y a tellement de lecteurs, tellement de commentateurs. C’est comme un labyrinthe le langage, qui s’agrandit au fil des siècles. Faut pas se perdre dedans sinon on ne créer rien du tout. Heureusement la mémoire fait son boulot. On peut faire du neuf avec du vieux c’est bien connu. Mais on peut surtout faire du rien avec du rien. C’est le piège. De la connerie toujours par dessus de la connerie. A la limite, tolérons de faire du vieux avec du neuf. On s’en sortirait avec de la jolie maladresse au moins. Voyez les croyants athés, les humanistes révolutionnaires, les amoureux de leur abîme, les vicelards nourrient par leur vertue… Je pourrais continuer encore longtemps comme çà. Le fait est qu’on se perd plus vite que l’on ne le pense. Chacun semble mériter sa petite vérité. Inssasiable est la profondeur de l’inconscient. Moi-même je ne suis pas sur tout plan épargné. Mais j’aime à croire que je suis sur une route pleine de grace. Enfin, la conscience est là elle aussi, j’écris et je sauvegarde. Mais pour la plupart de mes congénaires, on peut dire que Céline a raison, “c’est des huîtres, des pas suceptibles”.

 

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Illumine

Nouvelle

Pensée

Et

Berce

Mensonge

Tracé

 


 

“C’est ça, quand on est déçu, dit Wolf. C’est qu’on peut être déçu avec tout. C’est irrémédiable; çà marche à tout coup.”

Vian

 

 

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Saturday, March 10, 2007

 

 

Autant s’approcher

 

J’en viens donc moi même à considérer chaque jour la beauté comme le matériau essentiel de l’artiste. Tout y retourne inlassablement, plus ou moins vite, plus ou moins intenssément, plus ou moins consciemment… on s’ébranle l’esprit une fois confronté à elle, je veux dire lorsqu’elle apparaît comme une évidence… c’est là que le véritable enjeu de tout art apparaît selon moi… surmonter cette évidence c’est là qu’est présente, infiniment présente, toute la création… toute la “beauté”. Là-bas se trouve la vrai beauté. Elle sommeille sous d’inombrables voiles de lumières comme d’obscurités.  La beauté doit se dessiner à travers un travail de déconstruction avant tout… d’infini déconstruction. On peut y perdre des tas de chose à vouloir essayer de la dompter. C’est un combat… un combat où vous vous risquerez, à chaque instant, à tomber dans le mépris. La beauté n’est pas le divin, elle n’est pas non plus ultime quête… elle est unique sans être universelle. La beauté est un démon fugace et espiègle. Elle est un passage, une voie vers sa propre joie. La beauté esquisse le monde à son image… elle le veut beau, c’est à dire vrai.  Et si elle est un support aussi vivant, autant s’approcher le plus possible de ce que la beauté représente à nos yeux…

 

 

 

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Wednesday, March 7, 2007

 

La pluie, les pas,

La pluie, les pas.

 

Une parole l’a conquise,

Une seule…

 

La pluie, les pas,

La pluie, les pas.

 

Ses yeux roulent

Ses mains s’épuisent

 

La pluie, les pas,

La pluie, les pas.

 

Cordes de guitares

Abandonnées sur le sol

 

La pluie, les pas,

La pluie, les pas.

 

Tout s’écroule

Tout s’écoute

 

La pluie, les pas,

La pluie, les pas.

 

Inutile

 

Musique sans moi,

La fille, l’effroie.

 

La pluie, les pas.

 

 

 

 

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Monday, March 5, 2007

 

 

“A ce point, et devant l’horreur et le mensonge, la beauté ne suffit plus à l’artiste qui incarne une nouvelle exigence de vérité.”

“Le beau, en effet, doit être vrai en soi” - Hegel, Esthétique.

 

 

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Nudité de la vérité

 

                                               “Je le sais bien” 

 

 

 

Le désespoir n’a pas d’ailes,

L’amour non plus,

Pas de visages,

Ne parlent pas,

Je ne bouge pas,

Je ne les regarde pas

Je ne leur parle pas

Mais je suis bien aussi vivant que mon amour et que mon désespoir.

*

Pourquoi suis-je si belle?

Parce que mon maître me lave.

*

Le monstre de la fuite hume même les plumes

De cet oiseau roussi par le feu du fusil.

Sa plainte vibre tout le long d’un mur de larmes

Et les ciseaux des yeux coupent la mélodie

Qui bourgeonnait déjà dans le coeur du chasseur.

*

Sur ce ciel délabré, sur ces vitres d’eau douce,

Quel visage viendra, coquillage sonore,

Annoncer que la nuit de l’amour touche au jour,

Bouche ouverte liée à la bouche fermée.

*

Inconnue, elle était ma forme préférée,

Celle qui m’enlevait le souci d’être un homme,

Et je la vois et je la perds et je subis

Ma douleur, comme un peu de soleil dans de l’eau froide.

 

Paul Eluard - “Mourir de ne pas mourir” - 1924

 

 

 

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