Tuesday, February 27, 2007

 

 

Reste à ta place petit homme

Evertue ton âme tout entière

Elle te gardera bien exactement

Au bord du silence espéré

 

Repos ne dit rien qui vaille

Encore qu’il soit mouvant

Il n’est pas de fierté hélas

D’étudier son malheur

 

Le temps donne à chacun

Une place si précieuse

Que l’esprit se prélasse

Sans vérités aucunes

 

Je me rêve si triste

Je me rends si exigeant

Je me dessine unique

A travers tous ces errants

 

Passible de courage

Homme du monde rapproche

L’humain de l’humain

Et le coeur du coeur 

 

 

 

Posted by M. at 23:46:07 | Permalink | No Comments »

 

Windy Day

 

Il devait être aux alentours de deux heures du mat’. J’étais accoudé à ce comptoir sirotant ma bière en compagnie d’un illustre compagnon de nuit. Cà valsait dans tous les sens. Je savais vraiment pas ce que je fichais là. Tout ce que j’avais envie de faire pourtant c’était de retourner chez moi pour me replonger dans Céline, Hegel ou Eluard. C’était selon l’humeur. Mais on a souvent envie d’un tat de truc, qui vous obsède même l’esprit tout entier, mais qu’on fait pourtant jamais. Je ne sais pas ce qui m’a freiné ce soir là, qu’elle impulsion m’avait donné envie de rencontrer soudainement mes semblables dans cette immense foire. Je descendais les verres comme un travail à la chaîne, feignant de me désinteresser de toute la beauté du monde. C’était plus fort que n’importe qu’elle musique. C’est que le vent des autres ne m’atteignait pas tellement ces temps-ci dans la journée. J’arrivais à croiser plus de morts-vivants le jour que la nuit. Alors on choisit quoi ?

Ils avaient tous le regard occupé les gens du jour, par je ne sais quelle pensée. Ils semblaient tous glisser sur la pente de l’avenir. Je les écoutaient pas, je faisais semblant. Tantôt par mouvements de la tête accompagné de grimaces qui pouvaient suggerer tout et n’importe quoi, tantôt par des oui qui se perdaient dans l’infini. Je communiais avec des gens tristes et interchangeables en somme. Je demandais pas de la compassion pourtant, juste un peu de vivacité d’esprit, de l’entrain, une joie assez communicative pour me faire rentrer dans un ordinaire acceptable. Mais on me zappait allègrement. Alors à quoi bon ? Je peux trouver ailleurs mon semblant de bonheur remarquez… ca me déplais pas ce train de vie… je pioche des morceaux de rire… le tout n’existe pas… l’ivresse se constitue par saccades.

C’était l’apogée du désordre qui avait débuté il y a des semaines cette journée, je l’avoue bien gentillement. Un désordre même pas organisé. Ce qui m’acheva pour tout dire, c’était l’introduction d’un cours auquel j’assista par conscience professionelle. Ce fut le pompom… toute l”inutilité, toute l’apparente servitude de ce monde de lumière s’abattait sur moi. La faute à pas moins de dix pages qui voulaient nous apprendre à bien positionner les virgules, bien utiliser les conjonctions et les sonorités dans les textes. “Vos écris se doivent d’être élégants” qu’elle disait la dame dans son introduction pédagogique. J’ai lu car, c’est bien connu, la misère semble entraîner la misère. Cà parlait de négligence et de paresse, de “mot juste”. Elle les connaissaient pas les vrais maux la dame. Si elle savait ce que j’ai pu faire par négligence ! ”Noubliez pas… c’est plus convenable de dire “sors-tu ?” et non “tu sors ?” ; mettez bien l’accent circonflexe dans ces mots ci, l’accent grave dans ces mots là ; “on ne raisonne justement qu’avec une syntaxe rigoureuse”… etc… etc… le tout ponctué sans cesse par des citations d’un intérêt douteux… du lyrisme pour pauvres gens. La langue française va t-elle si mal. Quand savent-t-ils. Non, ces gens là déraillent. Enfin, vous l’aurez compris, un truc à se torcher l’cul.  Je vois pas à quoi ca pouvait servir d’autres. Vivement que le vent tourne.

 

“L’esprit s’arroge un peu partout des droits qu’il n’a pas” A. BRETON

 

 

 

Posted by M. at 01:26:34 | Permalink | No Comments »

Thursday, February 22, 2007

 

Le passé ressurgit comme un RIEN, un beau et gros RIEN.

Alors je sugère en vain… Je bafouille… Fais le pitre…

Je rends une maladresse qui détruit toute cette bienveillance envers moi.

Ah ! L’ignorance du soi nous fait commettre de telles choses !

Ca vous grignote la joie de vivre tout çà.

Si seulement…

Non.

 


“Je n’ai pourtant jamais trouvé ce que j’écris dans ce que j’aime”

Paul Eluard


 

 

Posted by M. at 21:48:39 | Permalink | No Comments »

Monday, February 19, 2007

Naissance

Héritage

Déconstruction

Génie, Folie, et ce qui s’ensuit

Faut manger, manger, manger encore

La vie, se suffir à soi-même

L’idéal protecteur

La destinée conçue pour les mécréants

Suivre l’engrenage

Retour parmis les fantômes

C’est nourissant

Le prochain me tape sur le système

Ecrire pour ne rien tolérer d’autre

Dépendre futilement du reste

Etre à bout de souffle

Continuer pour la beauté

Tu te mens à toi même B. !

Non, je trébuche puissamment

C’est pas rien

J’évalue ma liberté

Posted by M. at 01:22:59 | Permalink | No Comments »

Wednesday, February 14, 2007

 

 

Amertume incarnée, coeur sans reproches,

Ne vois-tu pas que les yeux trahissent,

Une facetie d’ivresse et d’accroche,

Aussi futile et servile qu’un esprit qui glisse ?

 

Dans tes majesteuses poses nonchalantes,

Et dans ta vie qui hurle de devenir,

Croises le fer avec des phrases compatissantes,

C’est là, tu le sais, notre seul avenir.

 

Ne me rends pas intransigeant,

Cela me rendrais terne et immobile.

 Je ne peux voir, hélas, dans le sang,

Quelquechose de fier ou de vil.

 

Mes souffles expient des regrets,

Et je suis las déjà de nos rêveries.

Mais tout de même je leurs serais grè,

De mettre à jour en moi cette infamie.

 

 

 

 

Posted by M. at 02:05:34 | Permalink | Comments (2)

Sunday, February 11, 2007

- Je t’ai aimé moi pourtant B. … à ma façon… tu sais çà mon chou ? Tout en toi mon amour m’était si familier. Je les ai aimés moi, tes erreurs. Tu ne dois rien regretter. Tu m’entends ?

- Halte-là ! Que dis-tu pauvre sotte ! Nul ne m’a jamais connu ! Ou si peu… et encore moins mes erreurs l’ont été.

….


“Elle jette les yeux sans cesse
Sur ce petit Dieu qui la blesse
Et la tire à brûle-pourpoint,
D’un petit arc qu’on ne voit point. [...]
Elle le prend, la pauvre sotte
Le baise, caresse et dorlote,
Mais la pauvre sotte ne sait
En le prenant ce qu’elle fait ;
Elle ne sait, la misérable,
Que ce Dieu, qu’elle trouve aimable,
Est un Dieu plus traître et félon
Que ne fut jamais Ganelon.”

Extrait, “Rends-moi un service, mon fils” - Scarron

(I, v. 2511-2714 passim)

Posted by M. at 01:49:43 | Permalink | Comments (1) »

Wednesday, February 7, 2007

 

“Vous savez, je ne sais même plus ce que j’écris, je ne sais plus rien, je ne me relis même pas, je ne me corrige pas. J’écris seulement pour écrire, pour m’entretenir avec vous un peu plus longtemps…”

 

F. Dostoïevski


 

Ce soir aucunes forces ne semblent m’animer. Pourtant je l’envie cette sensation, je la vénère inconsciemment. Tout ce qu’il y a de nocturne et de profond se doit de m’attirer, non dans un abîme, mais dans quelquechose qui s’apparenterait à une force vive. Est-ce là du désir ? Brûlant, sanglant, presque inaltérable. C’est que mon imagination croit se perdre dans un dédale de visions meurtrières. Du Spleen pour un pauvre coeur. Ma cruelle intention pourtant se relâche face au miroir. Sa vue me consterne et me rend à l’évidence. Est-ce moi ? Est-ce moi ce visage ? Incapable de retrouver sa vie ? Trivialité de l’écriture, du style. Il y a autant d’écrivains que de vanités. Tout veut être abondance, doux remède, hérésie, unique folie… nous voulons colporter des révélations, du moins les soumettrent pour ne pas s’effacer trop vite. Quelle étrange énigme je me façonne ! C’est tout ce que j’ai, voilà ce que je semble en admettre… je comtemple mes débris pour m’en aller parmis les rires… 

Respirez avec moi, mais ne vous approchez pas trop près… car j’ai soif…  soif d’une beauté éphémère, d’une beauté vivante ! Admirez plutôt, singulièrement, ici et là, voguant entre regrets et surprises, le bienheureux !

 

 

 

 

Posted by M. at 23:40:40 | Permalink | Comments (2)

 

 

Jugé par des moralistes illettrés…

 


SOMMES-NOUS DEVENUS PLUS MORAUX ? — Contre ma notion « par-delà le bien et le mal », il fallait s’y attendre, toute la férocité de l’abêtissement moral, qui, comme on sait, passe en Allemagne pour la morale même — s’est ruée à l’assaut : j’aurais de jolies histoires à conter là-dessus. Avant tout on a voulu me faire comprendre « l’indéniable supériorité » de notre temps en matière d’opinion morale, notre véritable progrès sur ce domaine : impossible d’accepter qu’un César Borgia, comparé avec nous, puisse être présenté, ainsi que je l’ai fait, comme un « homme supérieur », comme une espèce de surhumain… Un rédacteur suisse du Bund, non sans m’exprimer l’estime que lui inspirait le courage d’une pareille entreprise, alla jusqu’à « comprendre » dans mon œuvre que je proposais l’abolition de tous les sentiments honnêtes. Bien obligé ! — Je me permets de répondre en posant cette question : « Sommes-nous vraiment devenus plus moraux ? » Que tout le monde le croie, c’est déjà une preuve du contraire… Nous autres hommes modernes, très délicats, très susceptibles, obéissant à cent considérations différentes, nous nous figurons en effet que ces tendres sentiments d’humanité que nous représentons, cette unanimité acquise dans l’indulgence, dans la disposition à secourir, dans la confiance réciproque est un progrès réel et que nous sommes par-là bien au dessus des hommes de la Renaissance. Mais toute époque pense ainsi, il faut qu’elle pense ainsi. Il est certain que nous n’oserions pas nous placer dans les conditions de la Renaissance, que nous n’oserions même pas nous y figurer : nos nerfs ne supporteraient pas une pareille réalité, pour ne pas parler de nos muscles. Cette impuissance ne prouve pas du tout le progrès, mais une constitution différente et plus tardive, plus faible, plus délicate et plus susceptible d’où sort nécessairement une morale pleine d’égards. Ecartons en pensée notre délicatesse et notre tardiveté, notre sénilité physiologique, et notre morale d’ « humanisation » perd aussitôt sa valeur — en soi aucune morale n’a de valeur : — en sorte qu’elle nous inspirerait à nous-mêmes du dédain. Ne doutons pas, d’autre part, que nous autres modernes, avec notre humanitarisme épaissement ouaté qui craindrait même de se heurter à une pierre, nous offririons aux contemporains de César Borgia une comédie qui les ferait mourir de rire. En effet, avec nos « vertus » modernes, nous sommes ridicules au-delà de toute mesure… La diminution des instincts hostiles et qui tiennent la défiance en éveil — et ce serait là notre « progrès » — ne représente qu’une des conséquences de la diminution générale de la vitalité : cela coûte cent fois plus de peine, plus de précautions de faire aboutir une existence si dépendante et si tardive. Alors on se secourt réciproquement, alors chacun est, plus ou moins, malade et garde-malade. Cela s’appelle « vertu » — : parmi les hommes qui connurent une vie différente, une vie plus abondante, plus prodigue, plus débordante on l’aurait appelé autrement, « lâcheté » peut-être, « bassesse », « morale de vieille femme »… Notre adoucissement des mœurs — c’est là mon idée, c’est là si l’on veut mon innovation — est une conséquence de notre affaiblissement ; la dureté et l’atrocité des mœurs peuvent être, au contraire, la suite d’une surabondance de vie. Car alors on peut risquer beaucoup, affronter beaucoup, et aussi gaspiller beaucoup. Ce qui autrefois était le sel de la vie serait pour nous un poison… Pour être indifférents — car cela aussi est une forme de la force — nous sommes également trop vieux et venus trop tard : notre morale de compassion contre laquelle j’ai été le premier à mettre en garde, cet état d’esprit que l’on pourrait appeler de l’impressionnisme moral*, est plutôt une expression de la surexcitabilité physiologique propre à tout ce qui est décadent*. Ce mouvement qui, avec la morale de pitié schopenhauérienne, a tenté de se présenter avec un caractère scientifique — tentative très malheureuse — est le mouvement propre de la décadence* en morale et comme tel il est très parent de la morale chrétienne. Les époques vigoureuses, les cultures nobles virent dans la pitié, dans l’ « amour du prochain », dans le manque d’égoïsme et d’indépendance quelque chose de méprisable. — Il faut mesurer les temps d’après leurs forces positives — et, ce faisant, cette époque de la Renaissance, si prodigue et si riche en fatalité, apparaît comme la dernière grande époque, et nous, nous autres hommes modernes, avec notre anxieuse prévoyance personnelle et notre amour du prochain, avec nos vertus de travail, de simplicité, d’équité et d’exactitude — notre esprit collectionneur, économique et machinal, — nous vivons dans une époque de faiblesse. Cette faiblesse produit et exige nos vertus… L’ « égalité », une certaine assimilation effective qui ne fait que s’exprimer dans la théorie des « droits égaux », appartient essentiellement à une civilisation descendante : l’abîme entre homme et homme, entre une classe et une autre, la multiplicité des types, la volonté d’être soi, de se distinguer, ce que j’appelle le pathos des distances est le propre de toutes les époques fortes. L’expansivité, la tension entre les extrêmes est chaque jour plus petite, — les extrêmes même s’effacent jusqu’à l’analogie… Toutes nos théories politiques, et les constitutions de nos États, sans en excepter « l’Empire allemand », sont des conséquences, des nécessités logiques de la dégénérescence ; l’action inconsciente de la décadence s’est mise à dominer jusque dans l’idéal de certaines sciences particulières. Contre toute la sociologie de l’Angleterre et de la France je fais la même objection, elle ne connaît par expérience que les produits de décomposition de la société, et elle prend, tout à fait innocemment d’ailleurs, ses propres instincts de décomposition comme norme des jugements sociologiques. La vie en déclin, la diminution de toutes les forces organisantes, c’est-à-dire de toutes les forces qui séparent, qui creusent des abîmes qui subordonnent et surordonnent, voilà ce qui se formule aujourd’hui comme idéal en sociologie… Nos socialistes sont des décadents*, mais M. Herbert Spencer lui aussi est un décadent*, — il voit dans le triomphe de l’altruisme quelque chose de désirable !…

 

Nietzsche

 

 

Posted by M. at 01:24:16 | Permalink | No Comments »