Monday, December 3, 2007

“Aux grands maux, les grands remèdes.”
(Synthèse réaliste du “petit” désespoir)


Combien de fois avez-vous dû avoir à faire avec cette vulgaire petite morale qui admet de prime abord la brutalité, la rapidité, l’action irréfléchie et spontanée, voire même un brin d’innocence ? En allant au fond des choses, fond qui est tout de même un paradoxe d’équilibre, on peut y voir, hélas, une sorte de vengeance. Envers soi-même ou le monde. La somme des injustices, des espoirs déçus, des illusions non-créatives, forge inexorablement le contenu de ses temps de désespoir. En tant que “remède”, il ne faut pas y entendre ici “un Bien”. Il ne s’agit pas d’une telle dialectique faisant naître l’interdépendance des notions de “bien” et de “mal” evidemment. Il s’agit ici de tout autre chose. Par exemple de l’envie, sorte de volonté en soi. Oui, pourquoi pas. La morale est floue, nous pouvons peut-être en faire tout autant. Irais-je jusqu’à dire comme Kierkegaard le dit dans son Traité que “l’envie est une revendication malheureuse du moi” ?. Non, non, allons, il ne s’agit pas de cela ici. Ni même de vouloir reconnaître qu’avec le désespoir le plus profond on peut faire naître l’espoir le plus invincible (Nietzsche). Soyons plus pragmatique, moins exigeant quand à la portée de cet adage, oserais-je dire. Considérons qu’on ne peut être proportionel dans la jouissance post-souffrance. C’est ici que l’on est amené à se dire, que le compromis à toute sa place. Un compromis, oui, pas une vertu, ni même un léger salut de l’âme. Légitimité du compromis ? Pourquoi pas. Il s’agit de regarder la morale initiale alors ? Celle qui est à l’origine de cette volonté de changement. Est-elle forte ou faible ? La vie y est-elle assez présente ? Et la lassitude de la morale dans tout çà ? On peut s’en remettre à la patience de l’angoisse; logée ou non dans le compromis. Mais il faut bien comprendre et admettre le plus souvent que malgrès la parcimonie qui peut règner en conséquence dans l’intervalle entre un désespoir et la réparation de ce désespoir, le compromis (non encore “consensus”) ne correspond que relativement à l’enchaînement des actions qui nous ont fait souffrir moralement et ceci même lorsque l’on a une image assez fidèle de sa morale initiale. Les actes qui se représenteront sous la formes de ces “remèdes”, interviendront dans la plus pure logique, en décalage, agissant comme un retardement instinctif. L’instinct se sera beaucoup trop installé et l’habitude entamera notre belle morale. L’oubli aura jouer alors son rôle. Il ne peut servir à trancher. Alors il purge, relayer par le sentiment de créer un souvenir émancipateur très fort, car paradoxalement lointain par rapport à la souffrance. L’éloignement donne naissance à l’oubli mais en même temps au souvenir nouveau, car éprouvé durement.
On ne peut faire justice à sa propre morale. On ne peut que confronter une morale à une autre. Et, en établir ainsi, une nouvelle. Recyclage ? Non, même les matériaux peuvent, eux aussi, changer. L’homme est une bactérie complexifié.

Posted by M. in 01:52:11 | Permalink | No Comments »