Monday, November 26, 2007

“On a beau rêver de boissons : quand on a réellemet soif, il faut se réveiller pour boire.”

Sigmund Freud


Le mot d’esprit est une invention langagière, instantanée et liée à l’occasion, qui à la fois engage son auteur et lui échappe.
Chaque époque et chaque aire linguistique a sa manière de déterminer la valeur et les traits pertinents du mot d’esprit. On trouvera sous ingenium les éléments d’une comparaison entre la tradition gréco-latine, classique, humaniste et baroque, pour qui le mot d’esprit est d’abord l’indice de dons naturels ( euphuia gr.), l’«  esprit » français, et la tradition anglo-saxonne du wit et du Witz (sur wissen, « savoir »).

La première tradition privilégie l’aspect rhétorique et politique  : voir, pour le grec et le latin, comparaison (le grec désigne le bon mot par asteion sur astu, « la ville », « La définition aristotélicienne de la métaphore »); elle met l’accent sur l’ invention et la ruse (en arabe : « hads » dans ingenium).

La seconde insiste sur la rupture logique et le rapport au non-sens. L’anglais est particulièrement riche en nuances : wit, humour, joke, pun « Wit and/or humour », dans ingenium).

La thématisation contemporaine du mot d’esprit est liée à Freud, pour qui le Witz est, avec le rêve, l’une des voies d’accès privilégiées à l’inconscient. On a traité du Witz freudien sous ingenium.



 

“[...]Un mot d’esprit nouveau fait presque l’effet d’un événement d’ordre général ; on le colporte de bouche en bouche comme le message de la plus récente victoire. Des hommes en vue eux-mêmes, qui considèrent leur passé comme digne d’être révélé, et nous transmettent les noms des villes et des pays qu’ils ont visités, des personnages importants qu’ils ont fréquentés, ne dédaignent pas d’incorporer au récit de leur vie certains bons mots qu’ils ont pu glaner au passage.”

Posted by M. in 02:59:43 | Permalink | No Comments »