Wednesday, November 7, 2007

  “Chaque homme doit préparer son esprit à subir le risque.” Voilà ce dont on peut se nourrir, sous diverses formes et dans d’innombrables (et quelquefois innomables) doctrines, que ce soit en politique, dans le domaine religieux, voire spirituel. Je pense avec beaucoup d’égard, qu’il ne s’agit pas de subir ce risque et cette éventualité, qui sont pure invention et crainte du hasard. La précaution n’est que le sommet de l’iceberg. Ce déterminisme, cette fatalité là, n’apporte qu’une réparation anéhantie dans le flot d’une lourde culpabilité. Non. Il faut vouloir le risque. Devenir ce risque. Jusqu’à l’épouser et évoluer dans celui-ci. Comme le dit Kierkekaard, l’angoisse est l’intermédiaire. Mais cette angoisse intérieur ne se dessinerait pas sous les traits d’une loi moralisatrice. Il s’agirait d’une angoisse vive, volatile, qui semblerait dicter au corps ses contorsions et ses apaisements. Elle ne serait pas misérable, ni même ennuyeuse. Elle se tiendrait subitement à l’écart, aussitôt que le réel surgirait comme une flamme. Je parle d’une angoisse qui consumerait les lourdes habitudes de l’esprit et qui donnerait au corps ses impulsions après la tempête.
  Une angoisse qui sommeille dans une Pensée élastique et qui nous reveille de notre quiétude, de notre bon vouloir et de notre bienveillance
. Voilà ce qu’il nous faut. Appelons cela de la patience, si elle devance.
Posted by M. at 00:13:37 | Permalink | Comments (1) »