Mortigi Tempo*
J’aurais aimé vous parler de Dominic Molise, luttant contre son angoisse. Etreignant en rêve la belle Dorothy. D’ailleurs, elle est assise à côté de lui, en ce moment même. Mais je n’ose pas les déranger, pas encore. C’est que je veux prendre mon temps. Je pourrais tout torcher, aussi sec, avaler le contenu sans patience. Mais non. Mon imaginaire, sans nul doute, reste, par moment, d’une chasteté surprenante.
Les aiguilles de l’horlorge à la porte d’entrée sont figées sur 5h08. Je crois que je ne la changerais pas. Le tic-tac m’insupporte dans cette si petite pièce.
Hobbes et Locke me lorgne à ma gauche. J’hésite. Dominic Molise attends. Que faire ? Jouer trois accords, c’est çà, oui. Allez. Je suis Bobby Hecksher. Le grand Bobby Hecksher. Les volutes de fumée dévoilées par une lumière tantôt bleue, tantôt rose, tournoient dans la salle remplie à ras bord. Le hurlement de ma guitare réverbée fait frissoner la foule. Les yeux s’écarquillent. Ma bouteille de bière oscille sur l’AC 30 jusqu’à heurter le sol, éclatant en milles morceaux. La frénésie. Mais non. Tout à coup l’ennuie. La rancune. La rigidité de ces trois vilains accords. Ma musique ne veut être qu’Orient. Mais elle est indubitablement encrée en Occident. Un Coltrane pour faire passer tout çà. Pourquoi pas. Non trop tard. Allons chez Hobbes et Locke : “…. donc, la multitude déchirée de l’état de nature est devenue un être unique par une fusion complète des individus qui consitue l’Etat. Cet Etat exerce une souveraineté absolue. (imperium absolutum)” Instinct de conservation et j’en passe. Mouai. Retournons aux angoisses de Dominic Molise. Dorothy, beauté sensuelle et désinvolte, va-t-elle continuer a passer outre la pugnacité dissimulé du meilleur lanceur de tous les temps ?