Monday, January 29, 2007

 

Je savais que de ce choix allait dépendre tout une série d’évènements, déterminant ou non, de mon imagination future. Ce n’est pas que ce choix m’enferma dans une quelconque logique absurde mais plutôt que l’idéalisation de ce choix s’avéra être un soutien primordial dans mon voyage vers l’inconnue et dont seule ma capacité inconsciente à faire face aux actions qui allaient dépendre de ce choix allait révéler toute l’importance que j’allais accorder à mes souvenirs. Ce fut une conquète un brin calculée, mais surement pas de la chance, encore moins l’accomplissement d’une pieuse espérance.

A vrai dire, j’ai laissé les détails de l’instant me provoquer, j’ai donné à ces images longtemps travaillées une impulsion créatrice de réel. C’est peut-être là, dans ce parc humide au bord de la Tamise où les branches des bouleaux semblaient souffrir de contorsions, ou dans les chants naïfs de ce diabolique profane irlandais ou même encore dans cette nature morte d’un peintre qui m’était jusqu’alors inconnue et où l’on peut apercevoir le reflet d’une fenêtre dans un vase translucide… je ne sais guère…

 

 

 

 

Flowers in a Glass Vase on a Stone Ledge
Jan Davidsz de Heem

 

 

 


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Wednesday, January 24, 2007

 

 

Ô ma merveilleuse ! Tant de fois j’ai rêvé de toi ! Tant de fois j’ai imaginé que ma pupille hagarde se perdait dans tes entrailles !

Savoir que bientôt je serais en ton coeur me remplis d’une joie immense.

Mais je m’épuise sans doute, je le sais, à vouloir embrasser à tout prix cette foule que tu caches. Promets-moi de ne pas m’enlèver ces images, ces illusions, cette absurdité que je traîne.

Seulement un instant. Promets-le moi…

Juste une vision suffirait à ma pauvre âme.

Je veux entendre : “Dansons la gigue !”

Aix-en-Provence

 

 

 

 

 

 

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Sunday, January 21, 2007

Les fous croyaient à leur vertu, au-delà de la terre. Ils sont morts en nobles conquérants. De bien étrange courageux que l’habitude a terrassé. Les édifices étaient solides, la pensée bien arimée à une apparente intellection, le coeur remplis de courtoisie pour qui partageait leur vertu. La volonté solennelle de justice, d’évolution humaine a épuisé leurs ambitions, rendu leurs discours froids et livides. Je le dis comme beaucoup l’ont dit… la vanité ne parle pas sans fin… non… elle est encrée bien profondemment dans notre “moi”… et je crois qu’il faut la travailler. J’entends comprendre ses différents états pour ne pas tout y ramener sans cesse.

Et puis, la vanité est-elle le sel de la vie comme Jules Renard le disait ? Notre rapport au monde en dépend.

~



“La vanité est une ambition toute personnelle ; ce n’est pas pour ses qualités réelles, ses mérites et ses actions, que l’on veut être estimé, honoré et recherché, mais pour soi-même ; aussi, la vanité convient-elle surtout à la beauté frivole.” -

Goethe


[...] Jadis tu avais des passions et tu les appelais mauvaises. Mais maintenant tu ne possèdes plus que tes vertus et tes joies. Et que tu sois de l’espèce des colériques ou de celle des jouisseurs ou des fanatiques de la foi ou de celle des rancuniers : A la fin toutes tes passions sont devenues des vertus et tous tes démons des anges. [...]

Nietzsche


 

Ainsi donc mon coeur abattu
Cède au poids de ses maux ? Non, non.
Puissé-je vivre !
Ma vie importe à la vertu.
Car l’honnête homme enfin, victime de l’outrage,
Dans les cachots, près du cercueil,
Relève plus altier son front et son langage,
Brillants d’un généreux orgueil.
S’il est écrit aux cieux que jamais une épée
N’étincellera dans mes mains ;
Dans l’encre et l’amertume une autre arme trempée
Peut encore servir les humains.
Justice, Vérité, si ma main, si ma bouche,
Si mes pensers les plus secrets
Ne froncèrent jamais votre sourcil farouche,
Sauvez-moi. Conservez un bras
Qui lance votre foudre, un amant qui vous venge.
Mourir sans vider mon carquois !
Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange
Ces bourreaux barbouilleurs de lois !
Ces vers cadavéreux de la France asservie,
Égorgée ! Ô mon cher trésor,
Ô ma plume ! fiel, bile, horreur, Dieux de ma vie !
Par vous seuls je respire encor :
Comme la poix brûlante agitée en ses veines
Ressuscite un flambeau mourant,
Je souffre ; mais je vis. Par vous, loin de mes peines,
D’espérance un vaste torrent
Me transporte. Sans vous, comme un poison livide,
L’invisible dent du chagrin,
Mes amis opprimés, du menteur homicide
Les succès, le sceptre d’airain ;
Des bons proscrits par lui la mort ou la ruine,
L’opprobre de subir sa loi,

Et si les infâmes progrès,
Si la risée atroce, ou, plus atroce injure,
L’encens de hideux scélérats
Ont pénétré vos coeurs d’une longue blessure ;
Tout eût tari ma vie ; ou contre ma poitrine
Dirigé mon poignard. Mais quoi !
Nul ne resterait donc pour attendrir l’histoire
Sur tant de justes massacrés ?
Pour consoler leurs fils, leurs veuves, leur mémoire,
Pour que des brigands abhorrés
Frémissent aux portraits noirs de leur ressemblance,
Pour descendre jusqu’aux enfers
Nouer le triple fouet, le fouet de la vengeance
Déjà levé sur ces pervers ?
Pour cracher sur leurs noms,
pour chanter leur supplice ?
Allons, étouffe tes clameurs ;
Souffre, à coeur gros de haine, affamé de justice.
Toi, Vertu, pleure si je meurs.


André Chénier

 

 

 

 

 


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Wednesday, January 17, 2007

 

 

A une inconnue,

 

 

Song

 

I saw thee on thy bridal day_
When a burning blush came o’er thee,
Though happiness around thee lay,
The world all love before thee:

And in time eye a kindling light
(Whatever it might be)
Was all on Earth my aching sight
Of Loveliness could see.

That blush, perhaps, was maiden shame_
As such it well may pass_
Though its glow hath raised a fiercer flame
In the breast of him, alas!

Who saw thee on that bridal day,
When that deep blush WOULD come o’er thee,
Though happiness around thee lay,
The world all love before thee.

 

Edgar Allan Poe

 

 

 

 

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Tuesday, January 16, 2007

 

Que de pâles frémissements, d’éclatants affronts, de lâches épreuves. C’est le regard tremblant que j’épouse des conquêtes sourdes. L’absolution s’est perdue en route dans ce vent nouricié. L’été est dans l’hiver à présent vous savez… c’est mon insolente modernité…

~

Je revêts aujourd’hui la forme de la ville, mes yeux percent à jour ces aliments de mon esprit et chaque grandeur se matérialisent comme un enchantement. Sempiternels échos, couleurs enchevêtrées, visages inconnus, perspectives fuyantes. Je dessine nos supplices et me retiens sans cesse de ramener ces mots vengeurs à moi. Cet accomplissement, cette folie !

 ~

“L’Enfer c’est les autres !” Ne te livres point ! Me livrerais-je à l’oubli sans conclure ce pacte mortel ? Un pacte ? Allons ! J’entends des plaintes, c’est évident… et sans révolte, je ne veux les faire miennes, je ne veux assimiler ces décombres.

~

Tout est dans le langage malheuresement, tout, du bavardage au mutisme en passant par la création… Et il y a mieux que le monde lui-même, oui mieux que le monde… la vie, toute celle-là… vue de l’intérieur… au-delà… si proche…

 

“Cet élan absurde du corps et de l’âme, ce boulet de canon qui atteint sa cible en la faisant éclater, oui, c’est bien là la vie d’un homme! On ne peut pas, au sortir de l’enfance, indéfiniment étrangler son prochain”.

René Char

Posted by M. at 23:18:50 | Permalink | Comments (2)

Sunday, January 7, 2007

 

 

“Aucune chose n’est, où manque le mot.”

 ~

“L’Histoire est une projection dans le passé, de l’avenir que s’est choisi l’homme.”

~

“L’essence de la technique, je la vois dans ce que j’appelle le Gestell. […] Le règne du Gestell [" arraisonnement "] signifie ceci : l’homme subit le contrôle, la demande et l’injonction d’une puissance qui se manifeste dans l’essence de la technique et qu’il ne domine pas lui-même. Nous amener à voir cela, la pensée ne prétend faire plus. La philosophie est à bout. “

 

Martin Heiddeger

 

 

 

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Friday, January 5, 2007

Des mots tampons et des endormissements inconscients traînent la foule par son collier.

Des rêves d’hypocondriaques obscursissent encore l’espoir salutaire. Trêve des idées. Accumulations de désinterêts et affabulations romanesques nous enveloppent.

L’inutile harmonie enchante ce monde au rythme d’un écumoir. Je rends alors une lumière déclinante à des humains de pacotilles.

Les passions sont si fragiles. Ô douleur ! Les corps s’abstiennent. Ici né le vice… Fuir le lyrisme.

Les gouffres artistiques rattraperont une nouvelle fois les Socrates en herbe. 

Calligraphies de comptoir, sculptures divines, du pareil au même.

Mes desseins ne veulent pas être oubliés. Comment ? Façonnons le présent en nous émancipons du peu de choix et des vérités mensongères. Avalons la technique contemplatrice de puissance. Crachons la nuance du bonheur. Louons la fascination moderne.

Pas de styles, pas de création ?

Tout ici sera révélation. Un jeu de miroirs.

Subjectivité - Objectivité - Subjectivité - Objectivité.

Heureusement la nuit ne reconnaît pas les promesses.

 

 

 

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