Je savais que de ce choix allait dépendre tout une série d’évènements, déterminant ou non, de mon imagination future. Ce n’est pas que ce choix m’enferma dans une quelconque logique absurde mais plutôt que l’idéalisation de ce choix s’avéra être un soutien primordial dans mon voyage vers l’inconnue et dont seule ma capacité inconsciente à faire face aux actions qui allaient dépendre de ce choix allait révéler toute l’importance que j’allais accorder à mes souvenirs. Ce fut une conquète un brin calculée, mais surement pas de la chance, encore moins l’accomplissement d’une pieuse espérance.
A vrai dire, j’ai laissé les détails de l’instant me provoquer, j’ai donné à ces images longtemps travaillées une impulsion créatrice de réel. C’est peut-être là, dans ce parc humide au bord de la Tamise où les branches des bouleaux semblaient souffrir de contorsions, ou dans les chants naïfs de ce diabolique profane irlandais ou même encore dans cette nature morte d’un peintre qui m’était jusqu’alors inconnue et où l’on peut apercevoir le reflet d’une fenêtre dans un vase translucide… je ne sais guère…

Flowers in a Glass Vase on a Stone Ledge
Jan Davidsz de Heem