Thursday, October 26, 2006

Voilà, je vais encore une fois me raconter. Vous y verrez surement là si vous ne portez pas l’oeil de l’esprit un peu plus loin dans ce soit disant journal,  l’oeuvre introspective et le regard personnel d’un homme ordinaire. Je respecte le combat de chacun contre l’égoïsme et à la fois je le vomi. Le détachement envers l’égotisme me paraît vain dans la plupart des aspects de cette vie. J’ai eu cette part en moi de nihilisme, la notion est difficile à cerner je vous l’accorde, certains on souvent confondue ce qui apparaîssait de prime abord comme un rejet pur et simple des valeurs morales avec de l’anarchisme, ne suivez pas le même cheminement je vous en conjure ce serait me condamner. Pour ne plus avoir à contempler le néant, je me suis jeté dedans comme on dit. Tout ceci peut mener au totalitarisme, à la dictature de l’esprit si l’on ni prend pas garde. A présent je ne suis peut être ni bon, ni saint, ni génie, et encore moins chrétien. (C’est pour cela par exemple, pour répondre à un ami, qu’il est incompréhensible que Nietzsche ai été accusé de soutenir le nazisme, lui qui répudiait si violemment le totalitarisme du fait justement de son rejet des nihilistes, pur contresens donc).  J’ai aussi cette part de rigueur comme tout le monde, ce rattachement maladif à la réalité. Comment puis-je me détacher de ce “moi”, m’appartiens t-il d’abord ? Cela me travaille, le jour, la nuit, en rêve… “Je” est un autre comme disait Rimbaud, on devrait dire “On me pense” et non “Je pense” ajouta-t-il dans sa lettre dit du “voyant”. Livrer le “moi” à l’oubli, jeter aux oubliettes ce personnage, cet acteur de mon vivant, n’est-ce pas là aussi une tentavie de rendre sa personne plus lumineuse ? Je veux bien admettre l’existence du “Nouveau Roman”, je veux bien considérer la Nausée de ce siècle. Réduire le “moi”, faire disparaître son intrigue au profit d’une lourde conscience objective, plus universelle, livrer ainsi des tropismes plutôt que des conventions, des carcans de pensées, des langages individuels ? Mais ma propre pensée n’est-elle pas un langage universel dans le sens où elle se confronte à la votre ? Je travestie des mots, je les découpent pour moi, pour vous, pour chacuns. Je suis individuel par votre regard, je suis objectif également par le votre. Je demeure unique, mais je ne demeure pas seul.

Pretoria Day, Yonge Street Toronto, looking north of King Street, June 5, 1901

 

“ Il n’est pas un seul de nos actes qui, en créant l’homme que nous voulons être, ne crée en même temps, une image de l’homme tel que nous estimons qu’il doit être .”

Jean-Paul Sartre

Posted by M. at 22:23:09 | Permalink | No Comments »